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Cet article a été écrit le 09 Mar 2015, et publié dans la catégorie RELIGION.


La traite des mendiants à Touba

mendiants2Les mendiants peuvent être classés au lot des gens qui sont rentrés du Magal les sacoches pleines. Ils n’ont rien laissé passer car la somme des pièces de monnaie qu’ils ont pu amasser équivaut à des billets de banque qui peuvent pendant une durée déterminée les aider à survivre.

Le plus grand événement religieux du Sénégal est aussi un point de convergence des démunis. Ils sont des milliers et des milliers de mendiants à se présenter pour bénéficier de l’aumône des pèlerins et des autres bonnes volontés sensibles à leur cause. Garçons et filles, jeunes comme vieux, ils sont de toutes les tranches d’âge et sont issus d’horizons divers. Les mendiants sont depuis un bail, partie prenante du décor de Touba pendant le Magal notamment le périmètre de la grande mosquée. Gorgui Ndiaye est un handicapé physique qui marche à peine. Mais étant convaincu qu’il ne perd rien en venant quémander au Magal, le vieux s’est bousculé dans les voitures pour être à Touba. A côté de lui, une veille dame dénommée Aissatou implore les passants généreux à lui jeter quelques pièces de monnaie. Même pour nous parler, elle nous arrache des pièces. « La valeur n’est pas importante  nous n’avons pas d’exigence car, nous sommes démunis », dit-elle après avoir encaissé nos sous. Répondant à notre interrogation, elle rend grâce à Dieu et à Serigne Touba qu’elle remercie infiniment car « il nous a donné ce grand jour d’aumône ». Le Magal, à l’en croire, est une période de bienfaisance qui leur permet d’amasser beaucoup de sous et de subvenir pendant un moment, à leurs besoins. Cela est confirmé par Issa, un autre indigent ambulant qui fait deux fois par jour le trajet Mbacké Touba. Attrapé à hauteur du garage de Dakar, le mendiant en partance à Mbacké, nous signale que les choses se passent bien. Assise, devant un tas de pièce, non loin de Chez le khalife générale des mourides, Mère Bintou cache soigneusement son sacoche. La seule issue qu’elle a oublié de dissimuler, permet à notre regard de percer le fond du sac plein de pièce et d’avoir une idée de ses bénéfices colossaux. Heureusement qu’elle s’est ouverte à nous mais juste après nous avoir pris des ronds. «  Nous rendons grâce à Allah. Nous n’avons aucun problème ici et j’ai gagné 160 000F dans une durée de cinq jours », enseigne la dame visiblement comblée. Devant chez Serigne Saliou, ils sont des dizaines à s’y installer. Ce qui les intéressent ce sont les sous. Le journaliste dérangeur est bloqué à ce niveau car, les mendiants lui tournent complètement le dos même s’il donne quelques choses avant de solliciter un entretien. «  Ce qui nous dérange c’est le temps qu’on perd pendant ce débat », nous martèle cet autre démunis ;

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